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April 10, 2026
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"Ce vieillard, si ferme et si brave devant un tel danger, semblait ĂȘtre de ces natures qui sont courageuses comme elles sont bonnes, aisĂ©ment et simplement. Le pĂšre dâune femme quâon aime nâest jamais un Ă©tranger pour nous. Marius se sentit fier de cet inconnu."
"Le bouge ainsi Ă©clairĂ© ressemblait plutĂŽt Ă une forge quâĂ une bouche de lâenfer, mais Jondrette, Ă cette lueur, avait plutĂŽt lâair dâun dĂ©mon que dâun forgeron."
"Bossuet! sâĂ©cria Courfeyrac, aigle de Meaux! vous ĂȘtes une prodigieuse brute. Suivre un homme qui suit un homme!"
"Vous parlez lĂ comme un homme brave et comme un homme honnĂȘte. Le courage ne craint pas le crime, et lâhonnĂȘtetĂ© ne craint pas lâautoritĂ©."
"Ils sont rares, ceux qui sont tombĂ©s sans ĂȘtre dĂ©gradĂ©s; dâailleurs il y a un point oĂč les infortunĂ©s et les infĂąmes se mĂȘlent et se confondent dans un seul mot, mot fatal, les misĂ©rables."
"Pauvres mĂšres! pensa-t-il. Il y a une chose plus triste que de voir ses enfants mourir; câest de les voir mal vivre."
"Babet était maigre et savant. Il était transparent, mais impénétrable. On voyait le jour à travers les os, mais rien à travers la prunelle."
"Je viens de rencontrer le chapeau neuf et lâhabit neuf de Marius et Marius dedans. Il allait sans doute passer un examen. Il avait lâair tout bĂȘte."
"On jugerait bien plus sĂ»rement un homme dâaprĂšs ce quâil rĂȘve que dâaprĂšs ce quâil pense."
"Il avait fini par ne plus guÚre regarder que le ciel, seule chose que la vérité puisse voir du fond de son puits."
"Une horloge ne sâarrĂȘte pas court au moment prĂ©cis oĂč lâon en perd la clef."
"Il nâavait jamais rĂ©ussi Ă aimer aucune femme autant quâun oignon de tulipe ou aucun homme autant quâun elzevir."
"Il allait Ă la messe plutĂŽt par douceur que par dĂ©votion, et puis parce quâaimant le visage des hommes, mais haĂŻssant leur bruit, il ne les trouvait quâĂ lâĂ©glise rĂ©unis et silencieux."
"Il se gardait fort dâĂȘtre inutile; avoir des livres ne lâempĂȘchait pas de lire, ĂȘtre botaniste ne lâempĂȘchait pas dâĂȘtre jardinier."
"Ses crĂ©anciers lâavaient cherchĂ© aussi, avec moins dâamour que Marius, mais avec autant dâacharnement, et nâavaient pu mettre la main sur lui."
"Voulant toujours ĂȘtre en deuil, il se vĂȘtissait de la nuit."
"Ce sera avaler une langue bien vite ou une piĂšce de cent sous bien lentement."
"Câest dommage que je sois un ignorant, car je vous citerais une foule de choses; mais je ne sais rien."
"Sa spĂ©cialitĂ© Ă©tait de ne rĂ©ussir Ă rien. Par contre, il riait de tout... Il Ă©tait pauvre, mais son gousset de bonne humeur Ă©tait inĂ©puisable. Il arrivait vite Ă son dernier sou, jamais Ă son dernier Ă©clat de rire. Quand lâadversitĂ© entrait chez lui, il saluait cordialement cette ancienne connaissance, il tapait sur le ventre aux catastrophes; il Ă©tait familier avec la FatalitĂ© au point de lâappeler par son petit nom."
"Un incendie peut faire une aurore sans doute, mais pourquoi ne pas attendre le lever du jour?"
"Il ne semblait pas savoir quâil y eĂ»t sur la terre un ĂȘtre appelĂ© la femme."
"Mon pĂšre... câĂ©tait un homme humble et hĂ©roĂŻque qui a glorieusement servi la RĂ©publique et la France, qui a Ă©tĂ© grand dans la plus grande histoire que les hommes aient jamais faite, qui a vĂ©cu un quart de siĂšcle au bivouac, le jour sous la mitraille et sous les balles, la nuit dans la neige, dans la boue, sous la pluie, qui a pris deux drapeaux, qui a reçu vingt blessures, qui est mort dans lâoubli et dans lâabandon, et qui nâa jamais eu quâun tort, câest de trop aimer deux ingrats, son pays et moi!"
"Ne pas voir les gens, cela permet de leur supposer toutes les perfections."
"Marius vit en Bonaparte le spectre Ă©blouissant qui se dressera toujours sur la frontiĂšre et qui gardera lâavenir. Despote, mais dictateur; despote rĂ©sultant dâune RĂ©publique et rĂ©sumant une rĂ©volution. NapolĂ©on devint pour lui lâhomme-peuple comme JĂ©sus est lâhomme-Dieu.'On le voit, Ă la façon de tous les nouveaux venus dans une religion, sa conversion lâenivrait, il se prĂ©cipitait dans lâadhĂ©sion et il allait trop loin. Sa nature Ă©tait ainsi: une fois sur une pente, il lui Ă©tait presque impossible dâenrayer. Le fanatisme pour lâĂ©pĂ©e le gagnait et compliquait dans son esprit lâenthousiasme pour lâidĂ©e. Il ne sâapercevait point quâavec le gĂ©nie, et pĂȘle-mĂȘle, il admirait la force, câest-Ă -dire quâil installait dans les deux compartiments de son idolĂątrie, dâun cĂŽtĂ© ce qui est divin, de lâautre ce qui est brutal. Ă plusieurs Ă©gards, il sâĂ©tait mis Ă se tromper autrement. Il admettait tout. Il y a une maniĂšre de rencontrer lâerreur en allant Ă la vĂ©ritĂ©. Il avait une sorte de bonne foi violente qui prenait tout en bloc. Dans la voie nouvelle oĂč il Ă©tait entrĂ©, en jugeant les torts de lâancien rĂ©gime comme en mesurant la gloire de NapolĂ©on, il nĂ©gligeait les circonstances attĂ©nuantes."
"Il Ă©tait plein de regrets, et de remords, et il songeait avec dĂ©sespoir que tout ce quâil avait dans lâĂąme, il ne pouvait plus le dire maintenant quâĂ un tombeau!"
"En deux jours le colonel avait été enterré, et en trois jours oublié."
"Monsieur le procureur du roi, mâest-il permis de porter ma balafre?"
"Je ne sais point si câest moi qui nâentends plus le français, ou si câest vous qui ne le parlez plus, mais le fait est que je ne comprends pas."
"Les annĂ©es finissent par faire autour dâune tĂȘte un Ă©chevellement vĂ©nĂ©rable."
"Un voleur y est admis, pourvu quâil soit dieu."
"Il nâallait nulle part quâĂ la condition dây dominer."
"Toutes deux avaient des ailes, lâune comme un ange, lâautre comme une oie."
"Ce frĂšre... se croyait obligĂ© de faire lâaumĂŽne aux pauvres quâil rencontrait, mais il ne leur donnait jamais que des monnerons ou des sous dĂ©monĂ©tisĂ©s, trouvant ainsi moyen dâaller en enfer par le chemin du paradis."
"Ce vil sable que vous foulez aux pieds, quâon le jette dans la fournaise, quâil y fonde et quâil y bouillonne, il deviendra cristal splendide, et câest grĂące Ă lui que GalilĂ©e et Newton dĂ©couvriront les astres."
"Donnez Ă un ĂȘtre lâinutile et ĂŽtez-lui le nĂ©cessaire, vous aurez le gamin."
"Le rire, câest le soleil; il chasse lâhiver du visage humain."
"Personne ne garde un secret comme un enfant."
"Ce conscrit Ă©tait chez lui, occupĂ© Ă chercher sa carte, et bien empĂȘchĂ© de la trouver dans son logis puisquâelle Ă©tait dans la poche de Fauchelevent."
"Celui qui sâĂ©vade ne tousse pas et nâĂ©ternue pas."
"NâĂȘtre pas Ă©coutĂ©, ce nâest pas une raison pour se taire."
"Impossible! dit-il. PÚre Fauchelevent, mettez que je suis tombé de là -haut."
"Nous sommes de ceux qui croient à la misÚre des oraisons et à la sublimité de la priÚre."
"Nous sommes pour la religion contre les religions."
"Il faut bien ceux qui prient toujours pour ceux qui ne prient jamais.'Pour nous, toute la question est dans la quantitĂ© de pensĂ©e qui se mĂȘle Ă la priĂšre.'Leibniz priant, cela est grand; Voltaire adorant, cela est beau. Deo erexit Voltaire."
"Les esprits irrĂ©flĂ©chis et rapides disent:âĂ quoi bon ces figures immobiles du cĂŽtĂ© du mystĂšre? Ă quoi servent-elles ? quâest-ce quâelles font?'HĂ©las ! en prĂ©sence de lâobscuritĂ© qui nous environne et qui nous attend, ne sachant pas ce que la dispersion immense fera de nous, nous rĂ©pondons: Il nây a pas dâĆuvre plus sublime peut-ĂȘtre que celle que font ces Ăąmes. Et nous ajoutons: Il nây a peut-ĂȘtre pas de travail plus utile."
"Il y a la croissance matérielle; nous la voulons. Il y a aussi la grandeur morale; nous y tenons."
"MĂȘler Ă sa vie une certaine prĂ©sence du sĂ©pulcre, câest la loi du sage; et câest la loi de lâascĂšte. Sous ce rapport lâascĂšte et le sage convergent."
"Sans rien infirmer de ce que nous venons de dire, nous croyons quâun perpĂ©tuel souvenir du tombeau convient aux vivants. Sur ce point le prĂȘtre et le philosophe sont dâaccord. Il faut mourir."
"Songer Ă lâOmbre est une chose sĂ©rieuse."
"Pour nous les cénobites ne sont pas des oisifs, et les solitaires ne sont pas des fainéants."