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April 10, 2026
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"Solitude is fine, but you need someone to tell you that solitude is fine."
"Man has sufficient cause for tears without adding to them by books."
"He has great tranquility of heart who cares neither for the praises nor the fault-finding of men."
"Une des obligations auxquelles ne doit jamais manquer un historien des mœurs, c'est de ne point gâter le vrai par des arrangements en apprence dramatiques, surtout quand le vrai a pris la peine de devenir romanesque. La nature sociale, à Paris surtout, comporte de tels hasards, des enchevêtrements de conjectures si capricieuses, que l'imagination des inventeurs est à tout moment dépassée. La hardiesse du vrai s'élève à des combiniasons interdites à l'art, tant elles sont invraisemblables ou peu décentes, à moins que l'écrivain ne les adoucisse, ne les émoude, ne les châtre."
"La solitude, c'est le vide ; et la nature morale en a tout autant d'horreur que la nature physique. La solitude n'est habitable que pour l'homme de génie qui la remplit de ses idées, filles du monde spirituel, ou pour le contemplateur des œuvres divines qui la trouve illuminée par le jour du ciel, animée par le souffle et par la voix de Dieu. Hormis ces deux hommes, si voisins du paradis, la solitude est à la torture ce que le moral est au physique. Entre la solitude et la torture il a toute la différence de la maladie nerveuse à la maladie chirurgicale. C'est la souffrance multipliée par l'infini. Le corps touche à l'infini par le système nerveux, comme l'esprit y pénètre par la pensée."
"Le fer cède à certains degrés de battage ou de pression réitérée ; ses impénétrables molécules, purifiées par l'homme et rendues homogènes, se désagrègent ; et, sans être en fusion, le métal n'a plus la même vertu de résistance. Les maréchaux, les serruriers, les taillandiers, tous les ouvriers qui travaillent constamment ce métal en expriment alors l'état par un mot de leur techonologie : "Le fer est roui !" disent-ils en s'appropriant cette expression exclusivement consacrée au chanvre, dont la désorganisation s'obtient par le rouissage. Eh bien, l'âme humaine, ou, si vous voulez la triple énergie du corps, du cœur et de l'esprit se trouve dans une situation analogue à celle du fer, par suite de certains chocs répétés. Il en est alors des hommes comme du chanvre et du fer : ils sont rouis."
"Le crime et la folie ont quelque similitude. Voir les prisonniers de la Conciergerie au préau, ou voir des fous dans le jardin d'une maison de santé, c'est une même chose. Les uns et les autres se promènent en s'évitant, se jettent des regards au moins siguliers, atroces, selon leurs pensées du moment, jamais gais ni sérieux ; car ils se connaissent ou ils se craignent. L'attente d'une condamnation, les remords, les anxiétés donnent aux promeneurs du préau l'air inquiet et hagard des fous. Les criminels consommés ont seuls une assurance qui ressemble à la tranquillité d'une vie honnête, à la sincérité d'une conscience pure."
"La loi est bonne, elle est nécessaire, l'exécution en est mauvaise, et les mœurs jugent les lois d'après la manière dont elles s'exécutent."
"History is of two kinds—there is the official history taught in schools, a lying compilation ad usum delphini; and there is the secret history which deals with the real causes of events—a scandalous chronicle."
"La Pratique parlait son langage positif à la Théorie dont la parole est toujours au Futur."
"Aussi tous avaient-ils besoin d'oublier et leur malheur et leur pensée qui doublait le malheur."
"Qu'est-ce que l'Art, monsieur ? C'est la Nature concentrée."
"Rien n'est-il si discret qu'un jeune visage, parce que rien n'est plus immobile. La figure d'une jeune femme a le calme, le poli, la fraîcheur de la surface d'un lac. La physionomie des femmes ne commence qu'à trente ans."
"L'amour a son instinct, il sait trouver le chemin du cœur comme le plus faible insecte marche à sa fleur avec une irrésistible volonté qui ne s'épouvante de rien."
"Mais la raison est toujours mesquine auprès du sentiment ; l'une est naturellement bornée, comme tout ce qui est positif, et l'autre est infini."
"Les femmes tiennent et doivent toutes tenir à être honorées, car sans l'estime elles n'existent plus. Aussi est-ce le premier sentiment qu'elles demandent à l'amour."
"La sainteté des femmes est inconciliable avec les devoirs et les libertés du monde. Emanciper les femmes, c'est les corrompre."
"La jeune fille n'a qu'une coquetterie, et croit avoir tout dit quand elle a quitté son vêtement ; mais la femme en a d'innombrables et se cache sous mille voiles ; enfin elle caresse toutes les vanités, et la novice n'en flatte qu'une. Il s'émeut d'ailleurs des indécisions, des terreurs, des craintes, des troubles et des orages chez la femme de trente ans, qui ne se rencontrent jamais dans l'amour d'une jeune fille.Arrivée à cet âge, la femme demande à un jeune homme de lui restituer l'estime qu'elle lui a sacrifiée ; elle ne vit que pour lui, s'occupe de son avenir, lui veut une belle vie, la lui ordonne glorieuse ; elle obéit, elle prie et commande, s'abaisse et s'élève, et sait consoler en mille occasions, où la jeune fille ne sait que gémir."
"Il y a beaucoup d'hommes dont le cœur est puissamment ému par la seule apparence de la souffrance chez une femme : pour eux la douleur semble être une promesse de constance ou d'amour."
"Les jeunes filles se créent souvent de nobles, de ravissantes images, des figures tout idéales, et se forgent des idées chimériques sur les hommes, sur les sentiments, sur le monde ; puis elles attribuent innocemment à un caractère les perfections qu'elles ont rêvées, et s'y confient."
"La passion qui, remarquez-le, porte son esprit avec elle, peut donner aux niais, aux sots, aux imbéciles une sorte d’intelligence, surtout pendant la jeunesse."
"Il y a deux timidités : la timidité d’esprit, la timidité de nerfs ; une timidité physique et une timidité morale. L’une est indépendante de l’autre. Le corps peut avoir peur et trembler pendant que l’esprit reste calme et courageux, et vice versa. Ceci donne la clef de bien des bizarreries morales. Quand les deux timidités se réunissent chez un homme, il sera nul pendant toute sa vie."
"La lucidité, de même que les rayons du soleil, n’a d’effet que par la fixité de la ligne droite, elle ne devine qu’à la condition de ne pas rompre son regard ; elle se trouble dans les sautillements de la chance."
"Une veuve a deux tâches dont les obligations se contredisent : elle est mère et doit exercer la puissance paternelle."
"L’épicier est entraîné vers son commerce par une force attractive égale à la force de répulsion qui en éloigne les artistes.On n’a pas assez étudié les forces sociales qui constituent les diverses vocations. Il serait curieux de savoir ce qui détermine un homme à se faire papetier plutôt que boulanger, du moment où les fils ne succèdent pas forcément au métier de leur père comme chez les Egyptiens."
"La liberté politique, la tranquillité d'une nation, la science même, sont des présents pour lesquels le destin prélève des impôts de sang !"
"Nos plus cruels ennemis sont nos proches... Les rois n'ont ni frères, ni fils, ni mère."
"Les idées dévorent les siècles comme les hommes sont dévorés par leurs passions. Quand l'homme sera guéri, l'humanité se guérira peut-être."
"Quand la religion et la royauté seront abattues, le peuple en viendra aux grands, après les grands il s'en prendra aux riches."
"A ceux qui ont épuisé la politique, il ne reste plus que la pensée pure."
"Il est certain que pendant le seizième siècle, dans les années qui le précédèrent et le suivirent, l'empoisonnement était arrivé à une perfection inconnue à la chimie moderne et que l'histoire a constatée. L'Italie, berceau des sciences modernes, fut, à cette époque, inventrice et maîtresse de ces secrets dont plusieurs se perdirent."
"Pierre l'Ermite, Calvin et Robespierre, chacun à trois cents ans de distance, ces trois Picards ont été, politiquement parlant, des leviers d'Archimède.C'était à chaque époque une pensée qui recontrait un point d'appel dans les intérêts et chez les hommes."
"Qui dit examen, dit révolte.Toute révolte est, ou le manteau sous lequel se cache un prince, ou les langes d'une domination nouvelle."
"Le pouvoir est une action, et le principe électif est la discussion.Il n'y a pas de politique possible avec la discussion en permanence."
"En France, et dans la partie la plus grave de l'histoire moderne, aucune femme, si ce n'est Brunehault ou Frédégonde, n'a plus souffert des erreurs populaires que Catherine de Médicis ; tandis que Marie de Médicis, dont toutes les actions on été préjudiciables à la France, échappe à la honte qui devrait couvrir son nom... Catherine de Médicis, au contraire, a sauvé la couronne de France ; elle a maintenu l'authorité royale dans des des circonstances au milieur desquelles plus d'un grand prince aurait succombé.Ayant en tête des factieux et des ambitions comme celles des Guise et de la maison de Bourbon, des hommes commes les deux cardinaux de Lorraine et comme les deux Balafrés, les deux princes de Condé, la reine Jeanne d'Albret, Henri IV, le connétable de Montmorency, Calvin, les Coligny, Théodore de Bèze, il lui a fallu déployer les plus rares qualités, les plus précieux dons de l'homme d'État, sous le feu des railleries de la presse calviniste."
"La mort rapproche autant qu’elle sépare, elle fait taire les passions mesquines."
"Il n’y a que des enfants aimants et aimés qui puissent consoler une femme de la perte de sa beauté."
"L’amour est profondément égoïste, tandis que la maternité tend à multiplier nos sentiments."
"On porte encore moins facilement la joie excessive que la peine la plus lourde."
"La science de la mère comporte des mérites silencieux, ignorés de tous, sans parade, une vertu en détail, un dévouement de toutes les heures."
"Une vraie mère n’est pas libre."
"La maternité comporte une suite de poésies douces ou terribles. Pas une heure qui n’ait ses joies et ses craintes."
"Un an de lait suffit. Les enfants qui tettent trop deviennent des sots. Je suis pour les dictons populaires."
"Ah ! combien de choses un enfant apprend à sa mère. Il y a tant de promesses faites entre nous et la vertu dans cette protection incessante due à un être faible, que la femme n’est dans sa véritable sphère que quand elle est mère ; elle déploie alors seulement ses forces, elle pratique les devoirs de sa vie, elle en a tous les bonheurs et tous les plaisirs."
"La joie d’une mère est une lumière qui jaillit jusque sur l’avenir et le lui éclaire, mais qui se reflète sur le passé pour lui donner le charme des souvenirs."
"Les mondes doivent se rattacher à Dieu comme un enfant se rattache à toutes les fibres de sa mère : Dieu, c’est un grand cœur de mère. Il n’y a rien de visible, ni de perceptible dans la conception, ni même dans la grossesse ; mais être nourrice,... c’est un bonheur de tous les moments."
"Le hasard, ma chère, est le dieu de la maternité."
"L’amour est le plus joli larcin que la Société ait su faire à la Nature ; mais la maternité, n’est-ce pas la Nature dans sa joie ? Un sourire a séché mes larmes."
"Il y a deux amours : celui qui commande et celui qui obéit ; ils sont distincts et donnent naissance à deux passions, et l’une n’est pas l’autre."
"La vertu, mignonne, est un principe dont les manifestations diffèrent selon les milieux : la vertu de Provence, celle de Constantinople, celle de Londres et celle de Paris ont des effets parfaitement dissemblables sans cesser d’être la vertu."