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April 10, 2026
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"ThalĂšs resta quatre ans immobile. Il fonda la philosophie."
"Contempler, câest labourer; penser, câest agir. Les bras croisĂ©s travaillent, les mains jointes font. Le regard au ciel est une Ćuvre."
"On nâest pas inoccupĂ© parce quâon est absorbĂ©. Il y a le labeur visible et le labeur invisible."
"Une foi; câest lĂ pour lâhomme le nĂ©cessaire. Malheur Ă qui ne croit rien!"
"Nous saluons qui sâagenouille."
"Nous blĂąmons lâĂglise quand elle est saturĂ©e dâintrigue, nous mĂ©prisons le spirituel Ăąpre au temporel; mais nous honorons partout lâhomme pensif."
"Il est nécessaire de les connaßtre, ne fût-ce que pour les éviter."
"Nous ne comprenons pas tout, mais nous nâinsultons rien."
"Sur le premier gobelet on lisait cette inscription: vin de singe, sur le deuxiĂšme: vin de lion, sur le troisiĂšme: vin de mouton, sur le quatriĂšme: vin de cochon. Ces quatre lĂ©gendes exprimaient les quatre degrĂ©s que descend lâivrogne; la premiĂšre ivresse, celle qui Ă©gaye; la deuxiĂšme, celle qui irrite; la troisiĂšme, celle qui hĂ©bĂšte; la derniĂšre enfin, celle qui abrutit."
"Les fortes sottises sont souvent faites, comme les grosses cordes, dâune multitude de brins."
"Certes, en cet instant-lĂ , si Jean Valjean avait eu un royaume, il lâeĂ»t donnĂ© pour une corde."
"Jean Valjean avait cela de particulier quâon pouvait dire quâil portait deux besaces; dans lâune il avait les pensĂ©es dâun saint, dans lâautre les redoutables talents dâun forçat. Il fouillait dans lâune ou dans lâautre, selon lâoccasion."
"Cherché, oui; suivi, non."
"Il entrevoyait tout, et ne voyait rien."
"Sur un signe affirmatif de lâofficier, il avait rompu dâun coup de marteau la chaĂźne rivĂ©e Ă la manille de son pied, puis il avait pris une corde, et il sâĂ©tait Ă©lancĂ© dans les haubans. Personne ne remarqua en cet instant-lĂ avec quelle facilitĂ© cette chaĂźne fut brisĂ©e. Ce ne fut que plus tard quâon sâen souvint."
"Quâimporte Ă lâinfini?"
"Voulez-vous vous rendre compte de ce que câest que la rĂ©volution, appelez-la ProgrĂšs; et voulez-vous vous rendre compte de ce que câest que le progrĂšs, appelez-le Demain."
"Waterloo est une bataille du premier ordre gagnée par un capitaine du second."
"NapolĂ©on... immense somnambule de ce rĂȘve Ă©croulĂ©."
"Heureusement Dieu sait oĂč retrouver lâĂąme."
"Vous ĂȘtes bien malins de me dire oĂč je suis nĂ©. Moi, je lâignore. Tout le monde nâa pas des maisons pour y venir au monde. Ce serait trop commode."
"Quand on lâavait jugĂ©, Dieu Ă©tait absent."
"Les bleuets sont bleus, les roses sont roses."
"On nâempĂȘche pas plus la pensĂ©e de revenir Ă une idĂ©e que la mer de revenir Ă un rivage. Pour le matelot, cela sâappelle la marĂ©e; pour le coupable, cela sâappelle le remords."
"LâĆil de lâesprit ne peut trouver nulle part plus dâĂ©blouissements ni plus de tĂ©nĂšbres que dans lâhomme; il ne peut se fixer sur aucune chose qui soit plus redoutable, plus compliquĂ©e, plus mystĂ©rieuse et plus infinie. Il y a un spectacle plus grand que la mer, câest le ciel; il y a un spectacle plus grand que le ciel, câest lâintĂ©rieur de lâĂąme. Faire le poĂšme de la conscience humaine, ne fĂ»t-ce quâĂ propos dâun seul homme, ne fĂ»t-ce quâĂ propos du plus infime des hommes, ce serait fondre toutes les Ă©popĂ©es dans une Ă©popĂ©e supĂ©rieure et dĂ©finitive. La conscience, câest le chaos des chimĂšres, des convoitises et des tentatives, la fournaise des rĂȘves, lâantre des idĂ©es dont on a honte; câest le pandĂ©monium des sophismes, câest le champ de bataille des passions. Ă de certaines heures, pĂ©nĂ©trez Ă travers la face livide dâun ĂȘtre humain qui rĂ©flĂ©chit, et regardez derriĂšre, regardez dans cette Ăąme, regardez dans cette obscuritĂ©. Il y a lĂ , sous le silence extĂ©rieur, des combats de gĂ©ants comme dans HomĂšre, des mĂȘlĂ©es de dragons et dâhydres et des nuĂ©es de fantĂŽmes comme dans Milton, des spirales visionnaires comme chez Dante. Chose sombre que cet infini que tout homme porte en soi et auquel il mesure avec dĂ©sespoir les volontĂ©s de son cerveau et les actions de sa vie!"
"La grande douleur est un rayon divin et terrible qui transfigure les misérables."
"Elle eĂ»t attendri un cĆur de granit, mais on nâattendrit pas un cĆur de bois."
"Câest une erreur de sâimaginer quâon Ă©puise le sort et quâon touche le fond de quoi que ce soit.'HĂ©las! quâest-ce que toutes ces destinĂ©es ainsi poussĂ©es pĂȘle-mĂȘle? oĂč vont-elles? pourquoi sont-elles ainsi?'Celui qui sait cela voit toute lâombre.Il est seul. Il sâappelle Dieu."
"Il nây a rien de tel pour Ă©pier les actions des gens que ceux quâelles ne regardent pas."
"Le suprĂȘme bonheur de la vie, câest la conviction quâon est aimĂ©."
"Un bon maire, câest utile. Est-ce quâon recule devant du bien quâon peut faire?"
"Il ne suffit pas dâĂȘtre mĂ©chant pour prospĂ©rer. La gargote allait mal."
"Elle y noyait ce quâelle avait de cervelle."
"Ces ĂȘtres appartenaient Ă cette classe bĂątarde composĂ©e de gens grossiers parvenus et de gens intelligents dĂ©chus, qui est entre la classe dite moyenne et la classe dite infĂ©rieure, et qui combine quelques-uns des dĂ©fauts de la seconde avec presque tous les vices de la premiĂšre, sans avoir le gĂ©nĂ©reux Ă©lan de lâouvrier ni lâordre honnĂȘte du bourgeois."
"Une discussion est bonne... une querelle vaut mieux."
"Propos de table et propos dâamour; les uns sont aussi insaisissables que les autres; les propos dâamour sont des nuĂ©es, les propos de table sont des fumĂ©es."
"Pendant quâil pleurait, le jour se faisait de plus en plus dans son cerveau, un jour extraordinaire, un jour ravissant et terrible Ă la fois... Tout cela lui revint et lui apparut, clairement, mais dans une clartĂ© quâil nâavait jamais vue jusque-lĂ ... Cependant un jour doux Ă©tait sur cette vie et sur cette Ăąme. Il lui semblait quâil voyait Satan Ă la lumiĂšre du paradis."
"Une voix lui disait-elle Ă lâoreille quâil venait de traverser lâheure solennelle de sa destinĂ©e, quâil nây avait plus de milieu pour lui, que si dĂ©sormais il nâĂ©tait pas le meilleur des hommes il en serait le pire."
"Il se roidissait contre lâaction angĂ©lique et contre les douces paroles du vieillard. "Vous mâavez promis de devenir honnĂȘte homme. Je vous achĂšte votre Ăąme. Je la retire Ă lâesprit de perversitĂ© et je la donne au bon Dieu." Cela lui revenait sans cesse. Il opposait Ă cette indulgence cĂ©leste lâorgueil, qui est en nous comme la forteresse du mal. Il sentait indistinctement que le pardon de ce prĂȘtre Ă©tait le plus grand assaut et la plus formidable attaque dont il eĂ»t encore Ă©tĂ© Ă©branlĂ©; que son endurcissement serait dĂ©finitif sâil rĂ©sistait Ă cette clĂ©mence; que, sâil cĂ©dait, il faudrait renoncer Ă cette haine dont les actions des autres hommes avaient rempli son Ăąme pendant tant dâannĂ©es, et qui lui plaisait; que cette fois il fallait vaincre ou ĂȘtre vaincu, et que la lutte, une lutte colossale et dĂ©finitive, Ă©tait engagĂ©e entre sa mĂ©chancetĂ© Ă lui et la bontĂ© de cet homme."
"Jusque-lĂ il avait reçue avec assez dâadresse tout entiĂšre sur le dos de sa main.'Cette fois la piĂšce de quarante sous lui Ă©chappa, et vint rouler vers la broussaille jusquâĂ Jean Valjean."
"Depuis prĂšs dâune demi-heure un grand nuage couvrait le ciel. Au moment oĂč Jean Valjean sâarrĂȘta en face du lit, ce nuage se dĂ©chira, comme sâil lâeĂ»t fait exprĂšs, et un rayon de lune, traversant la longue fenĂȘtre, vint Ă©clairer subitement le visage pĂąle de lâĂ©vĂȘque... Toute sa face sâilluminait dâune vague expression de satisfaction, dâespĂ©rance et de bĂ©atitude. CâĂ©tait plus quâun sourire et presque un rayonnement. Il y avait sur son front lâinexprimable rĂ©verbĂ©ration dâune lumiĂšre quâon ne voyait pas."
"La nuit nâĂ©tait pas trĂšs obscure; câĂ©tait une pleine lune sur laquelle couraient de larges nuĂ©es chassĂ©es par le vent. Cela faisait au dehors des alternatives dâombre et de clartĂ©, des Ă©clipses, puis des Ă©claircies, et au dedans une sorte de crĂ©puscule. Ce crĂ©puscule, suffisant pour quâon pĂ»t se guider, intermittent Ă cause des nuages, ressemblait Ă lâespĂšce de lividitĂ© qui tombe dâun soupirail de cave devant lequel vont et viennent des passants."
"Le point de dĂ©part comme le point dâarrivĂ©e de toutes ses pensĂ©es Ă©tait la haine de la loi humaine; cette haine qui, si elle nâest arrĂȘtĂ©e dans son dĂ©veloppement par quelque incident providentiel, devient, dans un temps donnĂ©, la haine de la sociĂ©tĂ©, puis la haine du genre humain, puis la haine de la crĂ©ation, et se traduit par un vague et incessant et brutal dĂ©sir de nuire, nâimporte Ă qui, Ă un ĂȘtre vivant quelconque."
"Le propre des peines de cette nature, dans lesquelles domine ce qui est impitoyable, câest-Ă -dire ce qui est abrutissant, câest de transformer peu Ă peu, par une sorte de transfiguration stupide, un homme en une bĂȘte fauve, quelquefois en une bĂȘte fĂ©roce."
"Ainsi, pendant ces dix-neuf ans de torture et dâesclavage, cette Ăąme monta et tomba en mĂȘme temps. Il y entra de la lumiĂšre dâun cĂŽtĂ© et des tĂ©nĂšbres de lâautre."
"Jean Valjean Ă©tait entrĂ© au bagne sanglotant et frĂ©missant; il en sortit impassible. Il y Ă©tait entrĂ© dĂ©sespĂ©rĂ©; il en sortit sombre.'Que sâĂ©tait-il passĂ© dans cette Ăąme?"
"Le gĂ©nĂ©ral... avait poursuivi lâempereur comme quelquâun quâon veut laisser Ă©chapper."
"Personne ne pourrait dire que le passage de cet esprit devant le sien et le reflet de cette grande conscience sur la sienne ne fût pas pour quelque chose dans son approche de la perfection."
"Let us never fear robbers nor murderers. Those are dangers from without, petty dangers. Let us fear ourselves. Prejudices are the real robbers; vices are the real murderers. The great dangers lie within ourselves. What matters it what threatens our head or our purse! Let us think only of that which threatens our soul."
"Je ne suis pas au monde pour garder ma vie, mais pour garder les Ăąmes."