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April 10, 2026
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"Non, rĂ©pondit-elle, je suis le diable, mais ça mâest Ă©gal."
"Heureux, mĂȘme dans les angoisses, celui Ă qui Dieu a donnĂ© une Ăąme digne de lâamour et du malheur! Qui nâa pas vu les choses de ce monde et le cĆur des hommes Ă cette double lumiĂšre nâa rien vu de vrai et ne sait rien."
"La pensĂ©e est le labeur de lâintelligence, la rĂȘverie en est la voluptĂ©."
"Rien nâest plus dangereux que le travail discontinuĂ©; câest une habitude qui sâen va. Habitude facile Ă quitter, difficile Ă reprendre."
"ProspĂ©ritĂ© sociale, cela veut dire lâhomme heureux, le citoyen libre, la nation grande."
"La logique ignore lâĂ peu prĂšs; absolument comme le soleil ignore la chandelle."
"Vous ĂȘtes des malheureux, mais ma vie ne vaut pas la peine dâĂȘtre tant dĂ©fendue. Quant Ă vous imaginer que vous me feriez parler, que vous me feriez Ă©crire ce que je ne veux pas Ă©crire, que vous me feriez dire ce que je ne veux pas direâŠ'Il releva la manche de son bras gauche et ajouta:'â Tenez.'En mĂȘme temps il tendit son bras et posa sur la chair nue le ciseau ardent quâil tenait dans sa main droite par le manche de bois.'On entendit le frĂ©missement de la chair brĂ»lĂ©e, lâodeur propre aux chambres de torture se rĂ©pandit dans le taudis. Marius chancela Ă©perdu dâhorreur, les brigands eux-mĂȘmes eurent un frisson, le visage de lâĂ©trange vieillard se contracta Ă peine, et, tandis que le fer rouge sâenfonçait dans la plaie fumante, impassible et presque auguste, il attachait sur ThĂ©nardier son beau regard sans haine oĂč la souffrance sâĂ©vanouissait dans une majestĂ© sereine."
"Le prisonnier nâĂ©tait plus attachĂ© au lit que par une jambe.'Avant que les sept hommes eussent eu le temps de se reconnaĂźtre et de sâĂ©lancer, lui sâĂ©tait penchĂ© sous la cheminĂ©e, avait Ă©tendu la main vers le rĂ©chaud, puis sâĂ©tait redressĂ©, et maintenant ThĂ©nardier, la ThĂ©nardier et les bandits, refoulĂ©s par le saisissement au fond du bouge, le regardaient avec stupeur Ă©levant au-dessus de sa tĂȘte le ciseau rouge dâoĂč tombait une lueur sinistre, presque libre et dans une attitude formidable."
"Pardon, monsieur, rĂ©pondit M. Leblanc avec un accent de politesse qui avait en un pareil moment quelque chose dâĂ©trange et de puissant, je vois que vous ĂȘtes un bandit."
"Au moment oĂč Jondrette avait dit: Je me nomme ThĂ©nardier, Marius avait tremblĂ© de tous ses membres et sâĂ©tait appuyĂ© au mur comme sâil eĂ»t senti le froid dâune lame dâĂ©pĂ©e Ă travers son cĆur."
"Je ne mâappelle pas Fabantou, je ne mâappelle pas Jondrette, je me nomme ThĂ©nardier! je suis lâaubergiste de Montfermeil ! entendez-vous bien? ThĂ©nardier! Maintenant me reconnaissez-vous?"
"Ce vieillard, si ferme et si brave devant un tel danger, semblait ĂȘtre de ces natures qui sont courageuses comme elles sont bonnes, aisĂ©ment et simplement. Le pĂšre dâune femme quâon aime nâest jamais un Ă©tranger pour nous. Marius se sentit fier de cet inconnu."
"Le bouge ainsi Ă©clairĂ© ressemblait plutĂŽt Ă une forge quâĂ une bouche de lâenfer, mais Jondrette, Ă cette lueur, avait plutĂŽt lâair dâun dĂ©mon que dâun forgeron."
"Bossuet! sâĂ©cria Courfeyrac, aigle de Meaux! vous ĂȘtes une prodigieuse brute. Suivre un homme qui suit un homme!"
"Vous parlez lĂ comme un homme brave et comme un homme honnĂȘte. Le courage ne craint pas le crime, et lâhonnĂȘtetĂ© ne craint pas lâautoritĂ©."
"Ils sont rares, ceux qui sont tombĂ©s sans ĂȘtre dĂ©gradĂ©s; dâailleurs il y a un point oĂč les infortunĂ©s et les infĂąmes se mĂȘlent et se confondent dans un seul mot, mot fatal, les misĂ©rables."
"Pauvres mĂšres! pensa-t-il. Il y a une chose plus triste que de voir ses enfants mourir; câest de les voir mal vivre."
"Babet était maigre et savant. Il était transparent, mais impénétrable. On voyait le jour à travers les os, mais rien à travers la prunelle."
"Je viens de rencontrer le chapeau neuf et lâhabit neuf de Marius et Marius dedans. Il allait sans doute passer un examen. Il avait lâair tout bĂȘte."
"On jugerait bien plus sĂ»rement un homme dâaprĂšs ce quâil rĂȘve que dâaprĂšs ce quâil pense."
"Il avait fini par ne plus guÚre regarder que le ciel, seule chose que la vérité puisse voir du fond de son puits."
"Une horloge ne sâarrĂȘte pas court au moment prĂ©cis oĂč lâon en perd la clef."
"Il nâavait jamais rĂ©ussi Ă aimer aucune femme autant quâun oignon de tulipe ou aucun homme autant quâun elzevir."
"Il allait Ă la messe plutĂŽt par douceur que par dĂ©votion, et puis parce quâaimant le visage des hommes, mais haĂŻssant leur bruit, il ne les trouvait quâĂ lâĂ©glise rĂ©unis et silencieux."
"Il se gardait fort dâĂȘtre inutile; avoir des livres ne lâempĂȘchait pas de lire, ĂȘtre botaniste ne lâempĂȘchait pas dâĂȘtre jardinier."
"Ses crĂ©anciers lâavaient cherchĂ© aussi, avec moins dâamour que Marius, mais avec autant dâacharnement, et nâavaient pu mettre la main sur lui."
"Voulant toujours ĂȘtre en deuil, il se vĂȘtissait de la nuit."
"Ce sera avaler une langue bien vite ou une piĂšce de cent sous bien lentement."
"Câest dommage que je sois un ignorant, car je vous citerais une foule de choses; mais je ne sais rien."
"Sa spĂ©cialitĂ© Ă©tait de ne rĂ©ussir Ă rien. Par contre, il riait de tout... Il Ă©tait pauvre, mais son gousset de bonne humeur Ă©tait inĂ©puisable. Il arrivait vite Ă son dernier sou, jamais Ă son dernier Ă©clat de rire. Quand lâadversitĂ© entrait chez lui, il saluait cordialement cette ancienne connaissance, il tapait sur le ventre aux catastrophes; il Ă©tait familier avec la FatalitĂ© au point de lâappeler par son petit nom."
"Un incendie peut faire une aurore sans doute, mais pourquoi ne pas attendre le lever du jour?"
"Il ne semblait pas savoir quâil y eĂ»t sur la terre un ĂȘtre appelĂ© la femme."
"Songer Ă lâOmbre est une chose sĂ©rieuse."
"Pour nous les cénobites ne sont pas des oisifs, et les solitaires ne sont pas des fainéants."
"ThalĂšs resta quatre ans immobile. Il fonda la philosophie."
"Contempler, câest labourer; penser, câest agir. Les bras croisĂ©s travaillent, les mains jointes font. Le regard au ciel est une Ćuvre."
"On nâest pas inoccupĂ© parce quâon est absorbĂ©. Il y a le labeur visible et le labeur invisible."
"Une foi; câest lĂ pour lâhomme le nĂ©cessaire. Malheur Ă qui ne croit rien!"
"Nous saluons qui sâagenouille."
"Nous blĂąmons lâĂglise quand elle est saturĂ©e dâintrigue, nous mĂ©prisons le spirituel Ăąpre au temporel; mais nous honorons partout lâhomme pensif."
"Il est nécessaire de les connaßtre, ne fût-ce que pour les éviter."
"Nous ne comprenons pas tout, mais nous nâinsultons rien."
"Sur le premier gobelet on lisait cette inscription: vin de singe, sur le deuxiĂšme: vin de lion, sur le troisiĂšme: vin de mouton, sur le quatriĂšme: vin de cochon. Ces quatre lĂ©gendes exprimaient les quatre degrĂ©s que descend lâivrogne; la premiĂšre ivresse, celle qui Ă©gaye; la deuxiĂšme, celle qui irrite; la troisiĂšme, celle qui hĂ©bĂšte; la derniĂšre enfin, celle qui abrutit."
"Les fortes sottises sont souvent faites, comme les grosses cordes, dâune multitude de brins."
"Certes, en cet instant-lĂ , si Jean Valjean avait eu un royaume, il lâeĂ»t donnĂ© pour une corde."
"Jean Valjean avait cela de particulier quâon pouvait dire quâil portait deux besaces; dans lâune il avait les pensĂ©es dâun saint, dans lâautre les redoutables talents dâun forçat. Il fouillait dans lâune ou dans lâautre, selon lâoccasion."
"Cherché, oui; suivi, non."
"Il entrevoyait tout, et ne voyait rien."
"Sur un signe affirmatif de lâofficier, il avait rompu dâun coup de marteau la chaĂźne rivĂ©e Ă la manille de son pied, puis il avait pris une corde, et il sâĂ©tait Ă©lancĂ© dans les haubans. Personne ne remarqua en cet instant-lĂ avec quelle facilitĂ© cette chaĂźne fut brisĂ©e. Ce ne fut que plus tard quâon sâen souvint."
"Quâimporte Ă lâinfini?"