First Quote Added
April 10, 2026
Latest Quote Added
"La marche, on n’a rien trouvé de mieux pour aller plus lentement. Pour marcher, il faut d’abord deux jambes. Le reste est vain. Aller plus vite ? Alors, ne marchez pas, faites autre chose : roulez, glissez, volez. Ne marchez pas. Et puis, marchant, il n’y a qu’une performance qui compte : l’intensité du ciel, l’éclat des paysages. Marcher n’est pas un sport. Mais une fois debout, l’homme ne tient pas en place."
"D’abord, il y a la liberté suspensive offerte par la marche, ne serait-ce qu’une simple promenade : se délester du fardeau des soucis, oublier un temps ses affaires. On choisit de ne pas emporter son bureau avec soi : on sort, on flâne, on pense à autre chose. Avec la randonnée longue de plusieurs jours, s’accentue le mouvement de déprise : on échappe aux contraintes du travail, on se libère du carcan des habitudes."
"On entrevoit bien dans les randonnées longues, cette liberté toute de renoncement. Quand on marche depuis longtemps, il arrive un moment où on ne sait plus trop combien d’heures se sont déjà écoulées, ni combien il en faudra encore pour parvenir au terme, on sent sur ses épaules le poids du strict nécessaire, on se dit que c’est bien assez – si vraiment il faut davantage pour insister dans l’existence – et on sent qu’on pourrait continuer ainsi des jours, des siècles. C’est à peine alors si l’on sait où on va et pourquoi, cela ne compte pas plus que mon passé ou l’heure qu’il est. Et on se sent libre, parce que, dès qu’il s’agit de se rappeler les signes anciens de notre engagement dans l’enfer – nom, âge, profession, carrière –, tout, absolument, apparaît dérisoire, minuscule, fantomatique."
"Mais être seul alors, vraiment seul cette fois : un. Mais d’abord, on n’est jamais tout à fait seul. Comme écrivait Thoreau : « Je restai tout le matin en bonne compagnie, jusqu’à ce que quelqu’un vienne me rendre visite » (c’était la compagnie des arbres, du soleil, des cailloux). Au fond, c’est de rencontrer l’autre, souvent, qui nous ramène à la solitude. La conversation mène à parler de soi et de ses différences. Et doucement, l’autre nous renvoie à nous-mêmes dans notre histoire et notre identité, ce qui veut dire les incompréhensions et les mensonges. Comme si cela existait."
"Dernière chose : on n’est pas seul enfin parce que, dès qu’on marche, on est aussitôt deux. Surtout après avoir marché longtemps. Je veux dire qu’il y a toujours, même seul, ce dialogue entre le corps et l’âme."
"Il y a le silence des forêts. Les bouquets d’arbres forment autour de nous des murs mouvants, incertains. On marche sur des chemins tracés, des bandes de terre étroites qui serpentent. On perd vite l’orientation. Le silence alors est frémissant, inquiet."
"Il y a le silence des marches dures des après-midi d’été, sur des parois de montagne, des sentiers de cailloux, à découvert sous un soleil sans concession. Silence éclatant, minéral, accablant. On entend juste le léger crissement des pierres. Silence implacable, définitif, comme une mort transparente. Le ciel est d’un bleu parfaitement détaché. Et on avance les yeux baissés, en se rassurant par un marmonnement sourd parfois. Le ciel sans nuages, le calcaire des roches sont d’une présence pleine : silence dont rien ne dépasse. Silence comble, immobilité vibrante, tendue comme un arc."
"Il y a le silence des petits matins. Il faut partir très tôt en automne quand l’étape est longue. Tout est violet dehors, la lumière rampe sous les feuilles jaunes et rouges. C’est un silence attentif. On marche doucement au milieu des grands arbres sombres, encore enveloppés d’une légère nuit bleue. On a presque peur de réveiller. Tout chuchote faiblement."
"Il y a le silence des marches dans la neige. Silence des pas étouffés sous un ciel blanc. Tout autour rien ne bouge. Les choses et le temps sont pris dans la glace. Immobilité sourde, tout est arrêté. Tout est uni, feutré. C’est un silence de mise en veille, de parenthèse cotonneuse, blanche, suspendue."
"Mais surtout, c’est la dissipation encore de notre langage. ... Dans le silence de la marche, quand on finit par perdre l’usage des mots ... dans ce silence, on écoute mieux alors, parce qu’on écoute enfin ce qui n’a aucune vocation à être retraduit, recodé, reformaté."
"La première éternité qu’on rencontre est celle des pierres, du mouvement des plaines, des lignes d’horizon : tout cela résiste. ... Je suis face à cette montagne, je marche au milieu des grands arbres et je pense : ils sont là. Ils sont là, ils ne m’ont pas attendu, là depuis toujours. Ils m’ont indéfiniment devancé, ils continueront bien après moi."
"On ne fait rien en marchant, rien que marcher. Mais de n’avoir rien à faire que marcher permet de retrouver le pur sentiment d’être, de redécouvrir la simple joie d’exister, celle qui fait toute l’enfance. Ainsi la marche, en nous délestant, en nous arrachant à l’obsession du faire, nous permet d’à nouveau rencontrer cette éternité enfantine. Je veux dire que marcher, c’est un jeu d’enfant. S’émerveiller du jour qu’il fait, de l’éclat du soleil, de la grandeur des arbres, du bleu du ciel. Je n’ai besoin pour cela d’aucune expérience, d’aucune compétence."
"On n’est jamais personne pour les collines et les grandes frondaisons. On n’est plus ni un rôle, ni un statut, pas même un personnage, mais un corps, un corps qui ressent la pointe des cailloux sur les chemins, la caresse des hautes herbes et la fraîcheur du vent. Quand on marche, le monde n’a plus ni présent, ni futur. Il n’y a plus que le cycle des matins et des soirs. Toujours à faire la même chose tout le jour : marcher."
"Mais marcher, cela fait imprégnation. Marcher interminablement, faire passer par les pores de sa peau la hauteur des montagnes quand on s’y affronte très longtemps, respirer des heures durant la forme des collines en les dévalant longuement. Le corps devient pétri de la terre qu’il foule. Et progressivement, ainsi, il n’est plus dans le paysage : il est le paysage. Ce n’est pas forcément dissolution, comme si le marcheur s’évanouissait et en devenait une simple inflexion, une ligne supplémentaire. Parce qu’en lui soudain ce rapport s’illumine. C’est comme un instant qui éclate. Feu brusque : le temps s’enflamme. Là, le sentiment d’éternité, c’est tout à coup cette vibration des présences. L’éternité, ici, comme étincelle."
"Peut-être les moines qu’on appelle « gyrovagues » exaltaient-ils particulièrement notre condition d’étranger éternel : marchant sans cesse de monastère en monastère, sans être fixé – ils n’ont pas tous disparu ; il en reste, paraît-il, quelques-uns encore sur le mont Athos : ils marchent leur vie durant sur les sentiers étroits des montagnes, tournant en rond, s’endormant à la chute du jour dans l’endroit où leurs pieds les a portés ; ils passent leur vie à marmonner des prières en marchant tout le jour, sans destination ni but, ici ou là, au hasard du croisement des sentiers, à tourner, retourner, ils marchent sans aller nulle part, illustrant par l’éternel cheminement leur état d’étrangers définitifs au monde d’ici-bas."
Heute, am 12. Tag schlagen wir unser Lager in einem sehr merkwürdig geformten Höhleneingang auf. Wir sind von den Strapazen der letzten Tage sehr erschöpft, das Abenteuer an dem großen Wasserfall steckt uns noch allen in den Knochen. Wir bereiten uns daher nur ein kurzes Abendmahl und ziehen uns in unsere Kalebassen-Zelte zurück. Dr. Zwitlako kann es allerdings nicht lassen, noch einige Vermessungen vorzunehmen. 2. Aug.
- Das Tagebuch
Es gab sie, mein Lieber, es gab sie! Dieses Tagebuch beweist es. Es berichtet von rätselhaften Entdeckungen, die unsere Ahnen vor langer, langer Zeit während einer Expedition gemacht haben. Leider fehlt der größte Teil des Buches, uns sind nur 5 Seiten geblieben.
Also gibt es sie doch, die sagenumwobenen Riesen?
Weil ich so nen Rosenkohl nicht dulde!
- Zwei außer Rand und Band
Und ich bin sauer!